La difficulté d’être soi et pas comme les autres

Quand j’ai tout quitté pour venir au Népal, je savais que ça serait un changement radical mais j’aurais jamais pu imaginer à ce point là. On m’avait dit que cela serait pour moi “une renaissance”. C’est ça. J’ai appris le détachement et je me suis libérer de tout. A un tel point que je me suis déconnecté de la vie que je menais, et que mon mode de vie a totalement changé. De fait que je suis devenue encore plus asociale qu’avant, encore plus introvertie… mais heureusement plus heureuse avec moi même, plus créative, plus confiante, sur moi et sur l’avenir. Je vis dans l’instant présent car ma vie aujourd’hui me le permet. Je vis sans montre et sans agenda. Je n’ai pas de compte à rendre, à personne. Je suis juste avec moi même et je ne sais pas ce que je ferai demain. Avant déjà, j’avais du mal à me faire une place, je me suis toujours sentie en décalage et pas en harmonie avec la société du monde occidental. Aujourd’hui chaque jour j’apprends un peu plus pourquoi et un peu plus sur moi.

Depuis toujours, j’ai du mal à faire les choses comme “tout le monde”, c’est à dire à me sociabiliser par exemple, à travailler, à gagner de l’argent, à sortir de chez moi, à rencontrer les autres, à parler et communiquer avec mon entourage, mes amis, ma famille. J’ai du mal à faire ce que tout le monde fait régulièrement, comme dépenser de l’argent dans des choses matérielles, car pour moi tout est futile et je n’en ai pas besoin, rien ne me semble primordial et important. Je n’arrive pas à voir les gens car je n’aime pas sortir de chez moi, de mon cocon et de cette paix que j’ai d’être seule avec moi-même. J’ai du mal à trouver le temps même pour appeler ma famille, j’ai peur qu’ils me ramènent à la réalité, à leur réalité, qui n’est pas la mienne, qu’ils me jugent… car je sais d’avance ce qu’ils me diront et je sais que je serai incomprise. J’ai du mal à gagner de l’argent parce que je suis au stade où plus rien ne m’intéresse dans le matériel, l’appât du gain ne m’a jamais excité, j’ai jamais voulu être riche ou posséder des choses, je comprends pas l’intérêt car je sais qu’il n y a aucune vérité là dedans. Je sais que cela n’est que matériel, qu’une façade et que cela ne fait que m’éloigner de moi même, de mon moi interne. Que cela ne rend heureux que pour un temps et encore, si tel est le cas, c’est que je ne suis pas bien avec moi même, car si je suis bien je n’ai besoin de rien d’autre. J’ai du mal même à réclamer de l’argent qu’on me doit, ou à donner un prix à mon travail, j’aimerais pouvoir tout donner, toujours, sans même que la notion d’argent existe, tout serait selon moi beaucoup plus simple. Je donne déjà beaucoup et souvent, de mon temps, de ma personne, de mon savoir, du peu que je possède… car je lâche prise de tout ça et car lorsque je suis dans le partage je n’ai pas de limites.

J’ai du mal à sortir et à rencontrer des gens, car j’aime pas les rencontres superficielles, j’ai pas envie d’être face à des petits esprits ou des gens pas sur la même longueur d’onde que moi. Je n’aime pas les discussions matérielles et futiles car j’ai l’impression de perdre mon temps et je préférais être ailleurs. Je ne me sens pas à ma place avec les mauvaises personnes, je me sens mal à l’aise face aux gens avec qui je ne suis pas d’accord car ils éveillent en moi de la colère et de l’agacement face à l’incompréhension que je ressens, face à leurs choix ou à leur ignorance. C’est pour cela que parfois je me sens intolérante envers les autres. Parfois, souvent même, j’ai l’impression de ne pas aimer l’humain.

J’ai du mal avec les gens qui sont toujours dans la colère, ou revanchards, ou jamais heureux. Avec ceux qui sont jaloux, qui ont besoin de crier plus fort que leur voisin, qui ont besoin de se faire remarquer, avec les hypocrites, avec les superficiels, avec ceux qui vivent que dans le regard des autres, avec ceux qui se pensent être au dessus de tout et qui en fait ne connaissent rien et ne sont pas juste avec eux même et le monde autour d’eux. J’ai du mal avec l’injustice en général et tout dehors me rappelle l’injustice. J’ai donc du mal avec les règles, les lois, le gouvernement, la société. A chaque fois que je suis en société, des choses m’agacent et me donnent envie de me mettre en colère car c’est injuste. Je déteste l’abus de pouvoir, j’en ai marre de l’agressivité et de la violence. J’ai du mal avec les critiques, pas sur moi même mais dans ce monde, sur le fait qu’aujourd’hui tout le monde ouvre sa bouche pour dire des méchancetés et tout est raison à agression gratuite. J’aimerais juste que les gens apprennent à dire uniquement des choses agréables et positives et qu’ils se retiennent pour tout le reste.

J’ai du mal donc avec tout ou presque… je ne suis bien qu’avec moi même, a avoir la paix, à faire ce qu’il me plaît, à faire mon art, à exprimer ma créativité comme bon me semble, à vivre mes journées comme bon me semble. Car qui dit société dit être dicté. Alors à cette société j’ai envie de dire : “Non je ne dois rien à personne, je ne dois pas être riche et célèbre, je ne dois pas être mince et belle, je ne dois pas manger de telle façon ou avoir un corps de telle apparence, je ne dois pas sortir me faire des amis, je ne dois pas croire en ce qu’on me dit, je ne dois pas avoir peur, je ne dois pas gagner ma vie et épargner comme les autres, je ne dois pas vivre ici ou là, comme ci ou comme ça. La vie c’est pas ça. Y a pas de schéma à suivre, y a pas de bonne ou mauvaise route, d’itinéraire à suivre à tout prix, y a pas de bonne ou mauvaise façon, y a pas que le choix entre du noir ou du blanc, la vie c’est MA vie avant tout, pas la leur, pas la votre, pas la tienne. LA MIENNE. C’est ma route, mon chemin, mon corps, mes décisions, mes choix, c’est mon passage à moi, dans cette vie ci et personne ne peut le vivre à ma place. C’est uniquement à moi de décider à chaque seconde, chaque minute, chaque jour de ce qui est bon pour moi. De comment j’ai envie de vivre cette heure, cette journée, cette semaine. De ce qui me fait du bien à moi, à ma façon, à mon rythme, à mon âme.”

Je respecte tout ce qui m’entoure, je n’empêche personne de vivre leur vie, de faire leurs choix et de prendre leurs décisions, je n’emmerde personne, je ne demande rien à personne, je traverse cette vie à mon rythme, comme bon me semble. Je ne demande à personne de faire pareil, ni de me suivre, je n’ai besoin de rien, pas de reconnaissance, pas d’attention, pas d’avis, pas d’approbation, pas de validation sur quoi que ce soit. Y a que mon avis qui compte lorsqu’il s’agit de comment vivre ma vie. Personne n’est dans mon corps à par moi même, je décide, de ce que je veux, parce que oui, on a le droit de dire “je veux”, on a le droit de vouloir ou non, de décider ou pas, on a le droit de préférer, on a le droit d’être différent, de ne pas être comme tout le monde, de faire autrement. “Les autres sont déjà pris alors le mieux c’est d’être moi-même.

A la fin de ce chemin, je serai seule. Peu importe les choix et les actions que j’aurai faites. Ce jour là rien n’aura d’importance, tout cela semblera encore plus futile que ça ne l’est déjà à présent. Alors pas de place pour les “il faut” et les “je dois”, à part “il faut et je dois m’écouter”.

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