Aimer notre corps, aimer notre vie

Prendre soin de soi et de son corps, c’est avant tout se reconnecter avec soi même. C’est à dire se concentrer uniquement sur soi, prendre rendez-vous avec soi, pour prendre le temps de s’écouter. C’est éliminer toute distraction extérieure, toute pensée du mental qui nous deconnecte trop souvent de nous-même et qui fait que l’on s’oublie. Avant pour moi, prendre soin de moi c’était me faire belle, prendre un bon bain chaud, me masser, me faire des cadeaux etc. Puis j’ai compris que c’était aussi avoir un mode de vie sain, que c’était bien manger, avoir une alimentation équilibrée, mais surtout une alimentation attentive! C’est à dire de m’écouter et écouter mes réels besoins au quotidien. Manger quand j’ai vraiment faim, dissocier la vraie faim de l’envie ou du manque (et du coup comprendre pourquoi telle envie, pourquoi tel manque et comment y remédier sans compenser avec la nourriture ou autre excès.) Prendre soin de soi et s’écouter c’est aussi savoir quand on a besoin de se reposer, de bien dormir et suffisament. Puis c’est aussi s’écouter intérieurement, écouter son intuition, communiquer, extérioriser, exprimer ses émotions et ses idées. Avec les autres mais aussi avec soi. Se réaliser, exprimer notre potentiel, s’assumer, oser, faire, être dans l’action et non la peur. Bref c’est un tout et il y a des tas de signaux auxquels nous devons faire attention.

Et puis il y a le physique. Le corps physique, notre enveloppe corporelle, celle qu’on a tendance à négliger… Celle que moi même j’ai délaissé pendant beaucoup trop longtemps. Je n’avais pas la conscience de l’importance qu’avait mon corps, ce corps que je trainais, dans lequel je me sentais prisonnière, que je n’aimais pas, que je n’affectionnais pas du tout, totalement laissé pour compte. Encore aujourd’hui, j’apprends à l’aimer. A l’accepter, à le chérir mais surtout à l’écouter. Et l’écouter ce n’est pas juste écouter ses besoins… C’est beaucoup plus que ça. D’abord cela passe par écouter ses douleurs, mais aussi ses plaisirs. Comprendre et demander à notre corps ce qu’il lui fait du bien et ce qui lui fait du mal. Accepter les douleurs et modifier notre comportement pour les soulager. C’est comprendre que nous même nous pouvons nous guérir seuls, si l’on s’écoute bien – toutes les réponses sont là. C’est aussi sentir le plaisir, ne pas se focaliser que sur ce qui ne va pas bien mais aussi voir le côté positif des choses, expérimenter des nouvelles sensations, repousser ses limites physiques, sortir de notre zone de comfort et attendre la réaction du corps… Qui sait ce que cela déclenchera? Peut-être, sans doute, de belles surprises. Et surtout à travers l’expérimentation, de nouvelles connaissances de soi. Quoi de mieux que de se connaitre vraiment, de ne faire qu’un – corps et âme. Après tout c’est un travail d’equipe le temps d’une vie.

Donc j’ai appris que bouger c’était s’écouter. Que le corps est une machine fabuleuse et extrêmement intéressante, tellement bien concue, un système magique de par ses capacités mutliples et tellement bien conçu! Le corps a besoin de mouvement, les membres, les articulations ont besoin de bouger, les muscles de travailler, les tensions de se relâcher. Notre âme dans tout ça, a tellement de belles choses à dire et à exprimer grâce à l’expression corporelle; que des choses surprenantes peuvent sortir de nous, sans aucun contrôle ou préméditation de quoi que ce soit. J’en ai fais l’expérience durant ma formation pour devenir professeur de Nia (fitness/danse holistique qui invite à la reconnexion avec soi.) Dans ces moments de danse libre j’ai pu complètement laisser parler mon enfant intérieur, m’amuser à travers le mouvement. Ressentir des tas d’émotions en bougeant, mais aussi me reconnecter avec ma femme intérieure. Aimer mon corps en mouvement, y trouver grâce et beauté. Prendre conscience de mes forces et de mes faiblesses. Me complimenter et prendre du plaisir à travers le mouvement. Ressentir avec beaucoup de gratitude la joie que c’est de pouvoir bouger, d’avoir un corps en forme – si précieux – pour m’accompagner durant ce chemin. Accepter mes faiblesses, ne plus les denier, les accueillir. Car elles font parties de moi, de mon tout, elles aussi.

Bref bouger, c’est écouter son corps et lui faire du bien par le mouvement et ressentir la joie de bouger. C’est s’ouvrir à une autre dimension, c’est avoir conscience de chaque mouvement que l’on fait à chaque seconde – ce que cela engendre, comment il est engendré, les causes, les effets, les raisons. C’est comme ouvrir une autre porte, un mental de l’action, une porte sur son intérieur, une nouvelle paire de lunettes, un microscope qui me montre tout ce qui se passe à l’intérieur. C’est aussi apprendre à bouger et donc à vivre à son propre rythme et apprendre à ne rien brusquer, à ne rien frustrer. C’est comme lorsque l’on mange sans avoir faim, on s’impose à nous même et à notre corps quelque chose qu’il ne veut pas, du coup on dérègle les choses, on ne l’écoute pas, on se s’écoute pas. Même chose si on se rue dans l’empressement dans une situation ou dans quelque chose sans vraiment être conscient et attentif. On marche alors trop vite, on se cogne partout, on se blesse parfois… On ne s’écoute pas, notre énergie ne circule pas comme elle devrait et cela a un impact sur nous et parfois sur les autres. Alors que lorsque l’on s’écoute, on est en paix avec nous-même – non seulement on a plus de force – et notre énergie est bien utilisée donc circule bien et du coup tout fonctionne mieux et on est davantage opérationnel. On a un meilleur contrôle de tout, de toutes les situations de la vie.

Par exemple, au yoga, j’ai appris que nos forces et nos faiblesses sur le tapis, dans notre pratique, sont le reflet de nos forces et faiblesses dans la vie. Pour ma part, je suis plutôt physiquement flexible et souple, j’ai de la force, j’encaisse très bien la douleur, j’aime les challenges et repousser mes limites, j’ai besoin d’avoir un côté ludique dans mes activités. Par contre je manque souvent d’équilibre – de balance dans mes mouvements, de patience si c’est trop lent ou répétitif et je peux vite manquer de souffle et d’air. Et en effet, dans ma vie, je suis de nature flexible face aux événements, “je retombe sur mes pattes facilement”, je m’adapte vite au changement et aux choses, je suis forte et courageuse, je peux encaisser pas mal de choses, j’ai besoin de m’amuser, de tester de nouvelles choses, mais je me lasse vite, je manque souvent de patience, j’ai besoin de mon indépendance, de prendre l’air souvent et je manque souvent d’équilibre dans ma vie. Reconnaitre toutes ces choses sur le plan physique est donc un excellent moyen d’en fait en apprendre beaucoup sur soi! Cela permet d’améliorer ces choses là dans notre discipline comme dans notre vie et tout ce qui sera acquit dans notre pratique sera acquit dans notre comportement face à notre vie quotidienne.

Donc, savoir ce qui nous fait mal ou nous procure du plaisir physiquement, nous aide à savoir ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas dans notre vie. Et puis il y a la notion de non mouvement, qui est tout aussi importante que le mouvement en lui même. Car s’écouter c’est aussi savoir reconnaitre lorsqu’on a eu trop, lorsqu’il est temps de faire une pause, de s’arrêter, de se reposer, de me pas être dans l’action et s’accorder du répit. C’est accepter cela aussi et surtout ne pas se mettre de pression inutile, sur tout, tout le temps.

Enfin, l’expression corporelle libre est bonne pour le corps et pour l’âme. Oser crier, exprimer, bouger, chanter, repousser nos limites physiques, jouer, s’éclater, s’énergiser… Ne plus faire attention au regard des autres, s’en foutre de ce que les autres peuvent penser de nous, juste s’amuser et sortir tout ce qui doit sortir. Redevenir un enfant, sans pudeur, sans barrières, sans limites, sans craintes, sans peur. Pas de jugement mais juste être dans l’acceptation de soi et la libération des émotions. Être dans l’expression de qui on est vraiment et sincérement – cet être divin – parfois enfui qui ne demande qu’à se montrer – pour enfin pouvoir se réaliser pleinement. S’aimer sans honte, pour accepter notre plein potentiel et oser être! Oser faire! S’aimer, aimer son corps, aimer son être, aimer son âme. Parce que notre corps est la seule chose que l’on possède réellement dans cette vie – et que nous seul pouvons le rendre heureux et lui faire du bien. Bouger, danser, vivre… Remercier avec gratitude d’avoir cette chance de liberté de mouvement.

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